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    Au tour du feu invisible

    Au tour du feu invisible

    Chloe Douglas

    Ce jour là,
    Il faisait froid,
    Un froid glacial,
    Un froid à mourir,
    Le soldat
    ne sentait rien.

    Un cri silencieux
    au ralenti.
    Son arme lourde,
    un lourd engourdi.
    Une bouche crevassée
    et un goût trop sec.

    Le blanc de la terre
    jusqu’à l’horizon.
    Une douleur sans fin
    et sans raison.
    Partout déchets de corps,
    et du sang mélangé.

    Parmi ce ravage,
    En duo chantent
    une cornemuse et une voix,
    illuminées,
    par un feu invisible.
    Silhouettes d’homme
    s’approchent de la musique
    Comme des étincelles de feu
    dans une neige gelée,

    Cet instant unique
    dans l’histoire du monde.
    Hommes réchauffés
    pour survivre une journée.
    Courageuse et inspirée,
    Cette harmonie des ennemis.

    Chloe Douglas, 2009

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    ST VALENTIN 1

     

    ST VALENTIN 1

     

     

     

    A Cupidon

    Pierre de Ronsard

    Le jour pousse la nuit,
    Et la nuit sombre
    Pousse le jour qui luit
    D’une obscure ombre.

    L’Autonne suit l’Esté,
    Et l’aspre rage
    Des vents n’a point esté
    Apres l’orage.

    Mais la fièvre d’amours
    Qui me tourmente,
    Demeure en moy tousjours,
    Et ne s’alente.

    Ce n’estoit pas moy, Dieu,
    Qu’il falloit poindre,
    Ta fleche en autre lieu
    Se devoit joindre.

    Poursuy les paresseux
    Et les amuse,
    Mais non pas moy, ne ceux
    Qu’aime la Muse.

    Helas, delivre moy
    De ceste dure,
    Qui plus rit, quand d’esmoy
    Voit que j’endure.

    Redonne la clarté
    A mes tenebres,
    Remets en liberté
    Mes jours funebres.

    Amour sois le support
    De ma pensée,
    Et guide à meilleur port
    Ma nef cassée.

    Tant plus je suis criant
    Plus me reboute,
    Plus je la suis priant
    Et moins m’escoute.

    Ne ma palle couleur
    D’amour blesmie
    N’a esmeu à douleur
    Mon ennemie.

    Ne sonner à son huis
    De ma guiterre,
    Ny pour elle les nuis
    Dormir à terre.

    Plus cruel n’est l’effort
    De l’eau mutine
    Qu’elle, lors que plus fort
    Le vent s’obstine.

    Ell’ s’arme en sa beauté,
    Et si ne pense
    Voir de sa cruauté
    La récompense.

    Monstre toy le veinqueur,
    Et d’elle enflame
    Pour exemple le coeur
    De telle flame,

    Qui la soeur alluma
    Trop indiscrete,
    Et d’ardeur consuma
    La Royne en Crete.

    Pierre de Ronsard, Les Odes

     

    ST VALENTIN 1

     

     

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    ANDY IORIO - Rush

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